Fort de Bard : art, science et photographies

Carlo Mollino. Paysages inclinés. Photographies d’Armin Linke

À l’occasion du cinquantième anniversaire de sa mort, le Fort de Bard consacre une exposition à Carlo Mollino (Turin, 1905-1973), architecte et designer parmi les personnalités les plus polyvalentes de l’architecture moderne. L’exposition Carlo Mollino. Paysages inclinés. Photographies d’Armin Linke (Carlo Mollino. Paesaggi inclinati. Fotografie di Armin Linke), organisée par Luciano Bolzoni, sera exposée dans les salles de l’Opera Mortai du 17 novembre 2023 au 18 février 2024.

Mollino est un des architectes italiens les plus connus à l’étranger, à qui l’on doit les multiples ramifications d’une activité pluridisciplinaire qui part de l’architecture et du design pour arriver à la photographie, à la littérature, à la scénographie jusqu’à atteindre des activités sportives originales axées sur le dynamisme et la recherche de la vitesse, telles que le ski, l’acrobatie aéronautique et la course automobile avec des prototypes de course futuristes. Homme des Alpes, skieur et constructeur de téléphériques et de résidences de vacances, pour Mollino, les Alpes, c’est avant tout la Vallée d’Aoste, région qu’il fréquente à partir des années 1920, où il étudie d’abord les constructions traditionnelles et où il construit ensuite la Casa del Sole et le téléphérique de Furggen à Breuil-Cervinia, la Casa Capriata à Gressoney-Saint-Jean (reconstruite par la suite), le Rascard Garelli à Ayas, la Casa Olivero à La Thuile et la Casa Collettiva à Aoste. Il est ensuite l’auteur de grands édifices publics tels que le Teatro Regio et le Palazzo degli Affari, tous deux à Turin.

Le coup d’œil de l’exposition consiste en un aperçu des œuvres construites par Mollino, encadrées dans les photographies prises par le photographe et cinéaste Armin Linke entre 2006 et 2023. Tout au long de sa carrière, Linke a exploré, à travers ses images, la relation entre l’homme et les transformations progressives que les progrès technologiques apportent aux environnements qu’il habite. La reconnaissance, cependant, ne se limite pas à une simple présentation de photographies, mais vise plutôt à mettre en œuvre une réflexion sur l’actualité de la poétique de Mollino dans le domaine de l’architecture : de la fonction sociale du fait de «bien construire », en particulier dans les montagnes, à cette même idée non statique de la tradition qui, chez Mollino, devient une rivière foisonnante et génératrice d’une vie nouvelle.

L’exposition part de l’idée que la photographie est une enquête et que les architectures de Mollino constituent donc un important recueil de données et de notes permettant de lire un territoire. Linke réfléchit à l’idée profonde de la photographie comme moment de lecture de la transformation de la réalité. En cela, les attitudes de l’architecte et du photographe face à la lecture de l’existant coïncident.